Une dynastie de peintres entre Val Brembana et les Alpes centrales
Les Baschenis sont l'une des plus importantes familles de peintres actives entre le XVe et le XVIIe siècle dans les vallées alpines lombardes et trentines. Originaires de Vallée d'Averara, et plus précisément de la fraction de Colla, dans l'actuelle commune de Santa Brigida, représentent un cas exemplaire d'atelier familial qui a su transmettre de génération en génération le métier de la peinture, en particulier la technique de la fresque.
Pendant des siècles, les Baschenis ont travaillé comme peintres fresquistes itinérants, décorant églises, oratoires, palais et espaces publics, surtout dans les vallées bergamasques et le Trentin. Leur succès repose sur une extraordinaire capacité artisanale : ils savaient aborder de grandes surfaces, organiser des cycles narratifs complexes et raconter des histoires en séquence, souvent accompagnées d'épigraphes en langue vulgaire, conçues pour rendre la compréhension des scènes immédiate, même pour un public non lettré.
La famille se divise en deux principales dynasties picturales : celle des Lanfranco et celle des Cristoforo, toutes deux actives pendant plusieurs générations. La continuité du métier, transmis de père en fils, est telle qu'il est souvent difficile de distinguer avec certitude la main des différents exécutants, tant le langage figuratif partagé est cohérent.
Le style
Le style de Palma le Vieux se forme dans la grande tradition vénitienne de la fin du XVe siècle, en particulier sous l’influence de Giovanni Bellini, Vittore Carpaccio et ensuite Giorgione. Sa peinture est caractérisée par une forte attention à la couleur, des atmosphères lumineuses et une composition équilibrée et harmonieuse des figures.
Un aspect distinctif de son travail est sa capacité à adapter le langage pictural au type de commande. Dans les œuvres destinées aux églises et aux institutions religieuses, Palma adopte un style plus solennel et pleinement vénitien, avec des fonds inspirés de la tradition bellinienne et une claire centralité de la Sainte Famille. Les figures apparaissent ordonnées, baignant dans une lumière calme, pensées pour la contemplation collective.
L'approche diffère dans les œuvres destinées à des clients privés. Dans ces cas, Palma le Vieux introduit une plus grande intimité avec le sacré, rapprochant les personnages divins de l'observateur, réduisant la distance symbolique et privilégiant une rendu plus naturel et direct. Les contours deviennent plus linéaires, le rapport émotionnel plus intense, avec des solutions qui rappellent de près la sensibilité de Lorenzo Lotto.
À côté de la peinture sacrée, Palma il Vecchio affronte également sujets mythologiques et le Portrait, démontrant une remarquable polyvalence et une profonde compréhension des exigences culturelles de son époque.
I Baschenis et la Val Brembana
Le lien entre les Bascheni et le Val Brembana est profond et structurel. La famille est née dans cette région et y a développé son langage artistique, en répondant aux besoins des communautés locales, qui étaient souvent aussi ses propres compatriotes. Les églises de la vallée conservent de nombreux témoignages de leur activité, sous la forme de cycles de fresques qui racontent encore aujourd'hui les histoires, les croyances et les valeurs de la société alpine entre le Moyen Âge et la Renaissance.
À partir de ce noyau d'origine, les Baschenis se déplacent progressivement vers d'autres régions, en particulier le Trentin, où ils réalisent certaines de leurs œuvres les plus connues, comme les cycles de la Danse macabre de Pinzolo et Carisolo. Par la suite, certains membres de la famille tiennent également boutique à Bergame, élargissant encore la portée de la dynastie.
La Val Brembana reste cependant le lieu où l'histoire des Baschenis puise ses racines : un territoire qui a fourni non seulement les premiers commanditaires, mais aussi le contexte culturel et social qui a rendu possible la naissance d'une des expériences artistiques les plus durables et reconnaissables des Alpes centrales.

